Découverte/Patrimoine

Patrimoine

L'architecture

Eglise Notre Dame de l'AssomptionSamoëns possède un patrimoine architectural et artistique d’une grande richesse. Ici, rien d’ostentatoire dans la construction. L’art de tailler la pierre s’exprime surtout dans « la qualité de l’appareil et dans le soin de la maçonnerie, supérieur à ce qui peut se trouver dans d’autres régions »[1]. La pierre du Giffre, travaillée avec finesse, s’exprime avec élégance et discrétion.
 
- L’église Notre-Dame de l’assomption, plusieurs fois remaniée, se distingue par son architecture singulière. Eglise de montagne, ancien centre spirituel prestigieux, elle exprime un peu d’influence française dans un répertoire traditionnel plutôt tourné vers la tradition romane. Le vaisseau et le grand collatéral Sud portent la date de 1555, le chœur la signature de Barthélémy Gerdil et Claude Amoudruz (1605) et le petit collatéral Nord celle d’Humbert Renens (1623).

Chapelle des Allamands- Les neuf chapelles des villages sont représentatives des goûts, des savoirs-faires et des tendances architecturales au fil des siècles. La plus ancienne est celle de Vallon (1636) et la plus récente celle des Allamands (1829-34).
 
- Les nombreux oratoires, qui témoignent de la dévotion des anciens, présentent un formulaire varié. Au détour des chemins se découvrent de véritables merveilles du petit patrimoine, héritage des plus talentueux sculpteurs locaux, conjuguant la beauté classique à la sensualité baroque.

Ferme typique- Les fontaines ont fourni aux anciens une inépuisable matière d’inspiration. Publiques ou privées, ces fontaines surprennent par leur monumentalité et leur classicisme dans un environnement rural. Les amateurs de symbolisme y trouveront sans doute un grand intérêt.
 
- L’architecture rurale présente aussi un certain cachet. Les innombrables demeures paysannes en activité ou en sommeil sont construites en pierre et bois. La pierre taillée, dégagée des crépis, travaillée avec un soin méticuleux, offre à la demeure élégance et sobriété. Les granges, bardées de bois brunis, abritent les fenils sous des toitures en pente douce.

ZoomMonument funéraire- Les chalets de plaisance des années 1950-60, dans une esthétique inspirée par l’architecte Henri-Jacques Le Même, sont bien représentés dans la commune. Edifices privés, ils forment un patrimoine contemporain de qualité, dont la valeur sera sans doute de plus en plus reconnue.
 
- Enfin, le cimetière de Samoëns représente un inégalable trésor artistique et symbolique. Véritable musée à ciel ouvert, dédié à la mémoire familiale, il est aussi un livre d’histoire de l’art où se rencontrent toutes les tendances, de l’art néo-classique à l’art nouveau, en passant par le néo-gothique cher à E. Viollet-Le-Duc. 
 
[1] OURSEL R., « Art en Savoie », t.I, p.38. (rééd.)

Botanique et art nouveau à la Jaÿsinia

Villa Jaÿsinia
Le Jardin Botanique Alpin « La Jaÿsinia », qui s’étale sur un massif calcaire de presque quatre hectares et domine le village de Samoëns, a vu le jour en 1906. Il est l’œuvre de Marie-Louise Cogancq-Jaÿ, célèbre femme d’affaires parisienne, native de la commune en 1838. Cette dernière, ayant brillamment réussi dans le commerce, souhaitait offrir au village natal un atout touristique susceptible d’attirer à Samoëns une clientèle fortunée.

Marie-Louise Cognacq-JaÿFamilière des milieux érudits de la capitale et proche des frères Kahn, Marie-Louise Cognacq-Jaÿ a formulé dès 1903 le vœu de créer un jardin botanique au cœur de Samoëns. Après une prise de contact avec la commune et de rapides négociations, Madame Cognacq-Jaÿ a confié son projet à l’architecte paysagiste genevois Louis-Jules Allemand. Sur l’austère massif calcaire dominant le vieux Samoëns, Allemand allait donner corps à son rêve.
Pendant trois années consécutives, grâce à l’intervention de deux-cent ouvriers, le site a été entièrement végétalisé pour développer un jardin emblématique de la flore alpine des cinq continents. Des banquettes de culture ont fait leur apparition, des pelouses verdoyantes ont poussé, un ruisseau s’est mis à bruisser et éclabousser entre les arbres…

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D’un point de vue botanique, le parc a été subdivisé en vingt-sept secteurs de culture, représentatifs des grands espaces montagnards du monde. Des milliers de plants de fleurs, d’arbustes et de baliveaux ont été commandés à des pépiniéristes Suisses et Allemands et mis en culture sur site. D’un point de vue esthétique, la composition de Louis-Jules Allemand illustrait à merveille la sensibilité de la « Belle Epoque » : abandon des formules traditionnelles, attrait pour les formes organiques (Art Nouveau), souci de théâtralisation à travers l’éclairage (peinture impressionniste). Par un beau jour d’été, les couleurs et lumières de la Jaÿsnia devaient être dignes des plus beaux tableaux de Renoir ! Le 2 septembre 1906, tout le Paris mondain se donnait rendez-vous à Samoëns pour inaugurer le Jardin Botanique Alpin. La presse, unanime, célébrait la beauté et l’intérêt du jardin : Madame Cognacq-Jaÿ et Monsieur Allemand avaient réalisé tout simplement… « un chef-d’œuvre ».

ZoomPendant une trentaine d’années, le destin de la « Jaÿsinia » fut intimement lié à celui de la commune, et ses moyens furent souvent limités, tant sur le plan humain que matériel. John Briquet, le directeur du conservatoire botanique de Genève, soulevait le problème de l’immense travail que supposait l’entretien du jardin. Là où une équipe active et compétente aurait été requise, les moyens ne permettaient guère l’embauche que d’un seul jardinier.
La mobilisation de 1914 sonnait le déclin de l’établissement. En l’absence d’employé, le parc retournait à l’état sauvage. Les efforts menés dès 1918 ne permirent pas de faire face à la situation. Le parc alpestre sommeillait, loin de son prestige passé.

ZoomA l’aube des années 1930 Gabriel Cognacq, neveu de la fondatrice, a consacré de grands efforts pour redonner ses lettres de noblesse à la « Jaÿsinia ». Par l’intermédiaire de ses relations, il a proposé au Muséum national d’Histoire naturelle de prendre en charge la gestion et le développement scientifique du Jardin Botanique Alpin de Samoëns. En 1936, le conseil scientifique acceptait la proposition, en se faisant garantir la plus grande partie du financement par la Fondation Cognacq-Jaÿ.
L’accueil de professeurs et de chercheurs détachés de ce grand établissement requérait certains investissements. Sur un terrain voisin du parc, on construisit un bâtiment abritant des appartements de fonction, des salles de recherches ainsi qu’un laboratoire de biologie végétale. Pour renforcer l’attrait scientifique de « La Jaÿsinia », Gabriel Cognacq a commandité l’acquisition d’une considérable collection d’herbiers (le grand herbier des plantes d’Europe du général Charles d’Aleizette , dont les planches les plus anciennes remontent à l’Ancien Régime !). A l’occasion de l’inauguration du laboratoire, la commune de Samoëns organisait une grande fête pour remercier la Fondation Cognacq-Jaÿ et souhaiter la bienvenue aux professeurs et aux chercheurs qui prenaient la destinée du parc en main.

ZoomLes artisans de la « nouvelle Jaÿsinia » furent Henri Humbert, Camille Guinet et Roger de Vilmorin. De grands noms de la botanique, de la génétique et de l’écologie ont fréquenté le laboratoire, dont ils ont fait le pied-à-terre de leurs innombrables sorties d’herborisation sur les sommets. Sous la houlette du Muséum National d’Histoire Naturelle, la « Jaÿsinia » a vu s’accroître sa notoriété. Les lieux ont accueilli des centaines d’étudiants en botanique et biochimie, qui se sont consacrés à l’étude des gentianacées, des ombellifères, des rhododendrons... L’animation du laboratoire, la présence de tous ces jeunes chercheurs, ont contribué à forger pour Samoëns l’image d’un petit campus montagnard...

ZoomDès les années 1960, le jardin développait sa propre graineterie : ses techniciens allaient récolter des semences de plantes et les proposer aux établissements botaniques aux quatre coins du globe... La « Jaÿsinia », lieu d’observation et de cultures, acquérait la stature de lieu d’échanges.
A l’occasion du cent-cinquantième anniversaire de la naissance de sa fondatrice (1988), le Jardin Botanique de Samoëns faisait l’objet de nouveaux aménagements paysagers et techniques : ses allées étaient discrètement sonorisées, et un dispositif de mise en valeur lumineuse était installé afin de permettre les visites nocturnes, extrêmement bucoliques, dans le ravissement du jardin endormi.

La peinture et les objets d'art

Vitraux du choeur de l'égliseSous l’Ancien Régime, Samoëns a dû une grande part de son prestige à sa collégiale de chanoines. Dans le cadre vénérable de l’église Notre-Dame de l’Assomption, le culte catholique a connu le faste des offices et des cérémonies concélébrées par les chanoines. Le chapitre avait une grande importance locale, et l’église recélait des objets et ornements de grande qualité artistique.
 
Dans le collatéral Sud, admirez la merveilleuse Vierge à l’Enfant en bois polychrome ou encore la chaire en bois ouvragé, remontant à la fin du  dix-septième siècle. Découvrez la richesse ornementale des neuf chapelles, où la flamboyance baroque dialogue avec l’esprit plus en retenue des villes et pays du Nord. Les tableaux des retables illustrent les thèmes favoris de l’iconographie religieuse dans la région.
 
De retour en l’église, appréciez la qualité des vitrages signés par les ateliers Balmain (années 1920) : avec un peu d’observation, vous y découvrirez de petits chefs-d’œuvre de l’Art Nouveau. Observez enfin le somptueux vitrail du chœur, commandé à l’atelier Hermet (Chartres) reprenant de nombreux motifs chers au cœur des Septimontains : les figures tutélaires du Bienheureux Ponce de Faucigny, des Quatre Saints Couronnés, ainsi que les personnages marquants de la vie religieuse locale depuis le Moyen Age.

La sculpture

Symposium de Sculpture

La commune, héritière d’une haute tradition de tailleurs de pierre, possède des trésors de sculpture. Depuis une dizaine d’années, grâce à l’initiative de la Société des maçons de Samoëns (association à but culturel), la commune rend hommage aux anciens bâtisseurs au cours de sa biennale de sculpture, le Symposium de sculpture sur pierre de Samoëns. Les œuvres issues de ces rassemblements, à l’unisson de la tradition et de la  modernité, se prêtent à des expositions permanentes sur l’espace public.

Le patrimoine écrit

ZoomArchives anciennes : concession de la montagne de Rontine (XVe siècle)La commune de Samoëns est héritière d’une longue tradition écrite. Elle possède un fonds d’archives conséquent qu’elle gère sous le contrôle de la Direction des archives départementales. Ce fond présente un grand intérêt culturel et scientifique.
Sous certaines conditions, il est possible aux généalogistes, aux étudiants et aux chercheurs de se faire communiquer des documents et de les consulter au secrétariat de mairie. Un registre catalogue-guide est en cours d’élaboration pour les archives des fonds anciens et modernes (des origines à 1945).

Le patrimoine immatériel

ZoomBlason de la commune de Samoëns
Le patrimoine immatériel Septimontain est d’une richesse considérable.
Il se caractérise avant tout par son solide esprit de communauté. La sociabilité, l’entraide, le goût pour les réalisations communes s’y traduisent par une intense vie associative. Au-delà de cela, il y a une prédisposition traditionnelle pour le lien entre individus. Cette caractéristique de la vie montagnarde est ici bien marquée, et la population entière cherche à la transmettre aux générations futures.

ZoomL'Harmonie Municipale de SamoënsA Samoëns comme dans de nombreuses cités du Faucigny, on accorde une grande importance aux pratiques musicales. Orchestre d’harmonie, chorale, école de musique et groupe de chants, rythment la vie au pays, sont des lieux d’expression artistique, et conservent l’identité locale.
 Le patrimoine musical se distingue par sa créativité : la commune a compté et compte toujours des compositeurs attachés aux musiques traditionnelles, aux airs à danser. Assister à un concert de l’orchestre champêtre ou découvrir l’anthologie éditée par le Centre des Musiques Traditionnelles Rhône-Alpes permet de se rendre compte de l’ampleur de la pratique musicale populaire.

La culture orale Septimontaine possède aussi ses spécificités. Si l’usage au quotidien de la langue régionale a beaucoup reculé, depuis plusieurs décennies, les linguistes ont remarqué que le patois de Samoëns se caractérisait par de forts accents germaniques, héritage possible des apports valaisans depuis le moyen âge. A présent, le patois fait place à un français local riche en couleurs ; mais on peut encore le découvrir dans les œuvres poétiques de deux auteurs locaux : Jean-Alfred Mogenet et Armand Barbier « Du Crû ».
Dans un passé plus ancien, la culture orale de Samoëns s’exprimait aussi à travers le « Mourmé », le parler singulier des maçons-tailleurs de pierre, un langage semblable à aucun autre (ou presque !), dont le riche corpus s’est vu transcrit et édité il y a un siècle par Théophile Buffet.

La politique du patrimoine culturel

ZoomChapelle du Bérouze

Le Conseil Municipal de Samoëns poursuit une politique active en faveur de la conservation et de la valorisation du patrimoine. L’objectif de cette politique est double :
- Préserver des édifices et des œuvres, matérielles ou immatérielles, représentatives de la culture locale
- Préserver des repères pour permettre à l’identité locale de se transmettre, avec ses qualités et ses forces, dans le sens du bien vivre au pays comme dans le pouvoir d’attraction touristique.
 




Dans ses grandes lignes, cette politique se concrétise en plusieurs points :
 
1 - La protection et la restauration du patrimoine architectural, en s’inscrivant dans une démarche de restauration la plus qualitative possible. Chaque projet fait l’objet d’une réflexion et d’un soin particulier tendant à préserver l’intégrité des édifices, et la commune s’entoure d’architectes et cabinets de maîtrise d’œuvre compétents dans le domaine du patrimoine.
 
2 – La valorisation du patrimoine écrit, dans un effort de communication sur les archives, dans l’accueil et les conseils aux publics, dans la perspective de développer un espace muséographique ; mais aussi dans le catalogage et la conservation des collections non-archivistiques (livres).

ZoomLes Journées Botaniques 20093 – Le soutien au fonctionnement et à la mise en valeur du Jardin Botanique alpin « La Jaÿsinia ».  La commune subvient aux principaux postes de fonctionnement et embauche le personnel saisonnier en maintenant en toute saison la gratuité de l’accès au parc.
 
4 – Le soutien aux manifestations et événements représentatifs du patrimoine culturel local. La commune s’investit dans l’organisation du salon du livre sur les plantes, du symposium de sculpture sur pierre, de la foire agricole de La Saint Michel, sans oublier les manifestations ayant trait au jumelage.


Quelques illustrations récentes ou en cours
 :
 
- La restauration de la fontaine de Vallon (2011)
- La restauration de la chapelle du Bérouze et de la chapelle de Vallon, avec la participation du Conseil Général de la Haute-Savoie et de l’association « Les amis des chapelles »
- La réflexion de structure et l’étude patrimoniale menée pour la conservation du chœur de l’église.
 

Sur le patrimoine écrit :

- « La Cavalcade d’Ayma Riondet », théâtre musical en création autour de la tradition orale de Samoëns, sous la direction de Jean-Marie Curti (2011).

ZoomRestauration du clocher de la Chapelle du Bérouze - 2010

ZoomRestauration de la chapelle de Vallon - Octobre 2011

ZoomRestauration de la chapelle de Vallon - Octobre 2011